Trans Musicales de Rennes

Trans Musicales de Rennes : le guide des concerts du jeudi pour ceux qui n’y étaient pas ou pas assez

Trans

Nous aurions pu vous trouver 37 raisons valables de vous rendre à cette 37ème édition des Transmusicales de Rennes, mais il était plus pratique de vous montrer. Si vous ne vous souvenez plus d’hier soir, ou pire que vous n’y étiez pas, voici un guide pour revivre les concerts de ce jeudi de Trans.

The Comet Is Coming

Qui : Une comète krautrock qui comme Camera (Trans de 2011, souvenez-vous) est venue s’écraser sur la Terre pour éradiquer toute forme de vie non-alien, non-soumis à la dynastie de Sun Ra ou qui n’accepterait pas de suivre à la queuleuleu cette batterie de l’enfer. Plus sérieusement, le Londonien Shabaka Hutchings souffle de l’hélium dans son saxophone. Dan Leavers manipule des synthés trouvés dans des laboratoires de torture dont on doit taire ici la provenance, et Maxwell Hallett tape une batterie montée sur un train fantôme qui ne respecterait aucune norme ISO.

Pour qui, pourquoi :
- Pour entrer en transe en moins de 5 minutes - pratique en cas d’emploi du temps chargé,
- Pour profiter en même temps d’un vrai panel fashion babos-boubou-baba sur les trois musiciens,
- Pour entendre le meilleur équilibre sonore des hangars des Trans.

Depuis ce concert d’hier, nous savons que : The Comet is Coming jouait à 2 heures. Depuis hier nous savons qu’il faut rester jusqu’à la fin.

The Comet Is Coming aux Trans Musicales
The Comet Is Coming aux Trans Musicales The Comet Is Coming aux Trans Musicales The Comet Is Coming aux Trans Musicales

 

Code & Superpoze & Dream Koala

Qui : Attention exclusivité mondiale. Il n’y a pas d’album, pas d’EP, pas de lien soundcloud pour écouter ce que ces trois énergumènes ont produit ensemble hier soir sur la scène des Transmusicales.

Déjà connus en France, Superpoze le producteur électronique et Dream Koala le chanteur pop-éthéré voulaient collaborer ensemble de longue date. Ils font appel à code, musicien classique de formation et chef d’orchestre du projet, pour « réencoder » leurs productions respectives avec un ensemble de 10 musiciens. Des morceaux électro-pop réinterprétés avec cuivres, cordes et vents : une nouvelle définition de la réalité augmentée ?

Pour qui, pourquoi :
- Pour les montées et les effets techno joués avec un violoncelle,
- Pour la flute traversière sur leur grosses basses (mille mercis petite flute),
- Pour les fans de Dream Koala et tous ceux qui n’ont pas peur d’écouter Blood Orange sur un transat en hiver,
- Pour les fans de Superpoze, Rone, Fakear et de musique qu’on écoute seul avec tous ses soi à l’intérieur.

Depuis ce concert d’hier, nous savons que : Ce premier concert n’aura pas de petits frères, ou alors dans des versions très différentes, mais laissons la parole à Superpoze, que nous avons rencontré avec ses acolytes avant son concert : « On a pas l’impression d’avoir fini complètement, et une œuvre n’est jamais finie. Zappa disait « on ne finit pas un album, on l’abandonne », et nous on a encore changé des choses hier dans la setlist. » Code : « Ça fait un an qu’on travaille, qu’on s’échange des idées sur ce projet et les possibilités d’interprétation en live, donc rien n’est figé. C’est comme dans la musique classique : on sait quel œuvre on écoute, mais on regarde qui l’interprète ; on a voulu faire pareil avec cette musique contemporaine de Superpoze et Dream Koala, la réinterpréter, en faire un nouveau tableau ».

Une chose certaine : ce supergroupe inédit aura réussi son mélange hybride mais pas patchwork, en d’autres termes « casser les dynamiques de volumes comme on en trouve plus dans la pop » dixit Koala, et « entendre du classique dans un hangar avec le son à burnes » selon son prosaïque compère Code.

Code, Superpoze & Dream Koala aux Trans Musicales 2015
Code, Superpoze & Dream Koala aux Trans Musicales 2015 Code, Superpoze & Dream Koala font front ensemble pour la première fois sur la scène des Trans Musicales. Code, Superpoze & Dream Koala aux Trans Musicales 2015

 

Queen Kwong

Qui : Carré Callaway chante et captive les regards d’un auditoire à 90% masculin. À ses côtés : un bassiste péché chez Marilyn Manson, un guitariste emprunté à Limp Bizkit. Sur le papier ça tâche, on pourrait même dire que ça colle à la poêle. En réalité, le quatuor emmené par la chanteuse californienne joue sans placebo un rock sexy, rêche et cassant comme ses cheveux si elle continue à les teindre en rose.

Pour qui, pourquoi :
- Pour ce gros casseur de batterie,
- Pour se mettre d’accord quelque part entre les Babes In Toyland et Savages.

Depuis ce concert d’hier, nous savons que : Contrairement à ses versions studio parfois classic rock, Queen Kwong a un appareillage de live grunge à décapiter les fans de Björk. La nouvelle PJ Harvey ? Who’s the qween ?

Queen Kwong aux Trans Musicales
Queen Kwong aux Trans Musicales Queen Kwong aux Trans Musicales Queen Kwong aux Trans Musicales

 

Hector Bizerk

Qui : Les Hector Bizerk viennent de Glascow, ils en sont à leur 3ème album et préfèrent les percussions avec des instruments qu’on frappe plutôt que les kicks de 808. Audrey Tait tient les batteries et la production, Louie rappe avec les molaires enragées de quelqu’un qui se retient de croquer le micro. Si Sleaford Mods avaient eu une jeunesse à faire de la jungle urbaine, ils auraient pu faire ami-ami avec les Hector Bizerk. Des lads des années 2020, avec tout ce que ça comporte d’anglais dans la diction (cet accent…) et l’énergie.

Pour qui, pourquoi :
- Pour les lendemains de cuite anglaise,
- Pour bouger sur une drum & bass organique et équitable,
- Pour réviser son accent.

Depuis ce concert d’hier, nous savons que : Les Hector Bizerk n’ont pas besoin d’échauffement. Louie a commencé par « vive la France », suivi d’un très à-propos « assassin de la police » et « restos du cœur ! » Pas de doute, les Hector Bizerk savaient bien où ils mettaient les pieds pour leur premier concert en France. Jean-Louis Brossard, la figure tutélaire des programmations des Trans, les a chouchoutés et il approuve ce message.

Hector Bizerk aux Trans Musicales
Hector Bizerk aux Trans Musicales Hector Bizerk aux Trans Musicales Hector Bizerk aux Trans Musicales

 

Georgia

Qui : Autodidacte de 25 ans signée chez Domino Records, Georgia a fait ses classes en « séchant les cours pour aller jouer de la batterie » et en accompagnant Kate Tempest ou Kwes derrière les fûts. Si elle était accompagnée d’un percussionniste et de deux claviers, elle joue tous les instruments sur son premier album sorti chez Domino. C’était son 2ème passage à Rennes, elle avait rencontré « Jeanloouie » (Brossard) à son concert à l’Ubu il y a deux ans.

Pour qui, pourquoi :
- Pour le morceau "Move Systems",
- Pour son rythme naturel, ses partitions de batterie et ses moments où elle chante en même temps qu’elle est à la batterie. Elle nous expliquait après son concert : « J’ai appris à parler le rythme avant de le jouer, je faisais de la guitare et je demandais des rythmes, je devais les décrire. Puis en chantant les mélodies, et après j’ai commencé à jouer de la batterie seule, puis avec des bandes. La batterie est ce qui m’a fait entrer dans la musique, c’est naturel pour moi. »,
- Pour ceux qui voudraient un mélange de M.I.A et d’AlunaGeorge.

Depuis ce concert d’hier, nous savons que : « Non non non je n’ai pas 21 ans, j’ai 25 ans. Les gens disent beaucoup de choses inexactes… »

Photo © Gwendal Le Flem

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